Quito ou tard

Des Galápagos, un vol nous ramène à Guayaquil, d’où nous sautons aussitôt dans un bus de nuit pour Quito, la capitale équatorienne. Le trajet est particulièrement éprouvant, et nous arrivons avant l’aurore à la gare routière, où nous décidons d’attendre que le soleil se lève avant de prendre un trolley pour le centre-ville. Victor y a déjà ses adresses puisqu’il était passé par là avant de nous rejoindre à Mancora il y a un mois.

Le climat est radicalement différent de celui des îles ; ici il fait frais, et il pleut plusieurs fois par jour. On pourrait se croire en Bretagne, mais avec la mer en moins et 2850m d’altitude en plus. Nous sommes en plein milieu du quartier touristique, et à quelques stations de bus du centre historique. Là-bas, on ne compte pas le nombre de places cerclées d’anciens bâtiments coloniaux qui donnent un charme certain à Quito. C’est d’ailleurs dans ce décor que se passent la plupart des processions religieuses qui marquent la Semaine Sainte des Catholiques. La majorité de la population étant croyante et pratiquante, les rues sont bondées, surtout le Vendredi Saint quand défilent des cohortes de Cucuruchos. Ces hommes encapuchonnés et vêtus d’une toge violette espèrent expier leurs pêchers en s’infligeant flagellations et autres tortures physiques, le tout en parcourant le chemin de croix… Les pieds nus lestés de chaines, une immense croix en bois (ou parfois en cactus) sur le dos et la tête ou le torse entourés de barbelés, c’est pour nous un spectacle absolument affligeant et inquiétant sur les tournures extrêmes que peut prendre la religion !

Dans cette ville, nos pas nous mèneront aussi vers la Capilla del Hombre (chapelle de l’Homme), une chapelle n’ayant pour le coup rien à voir avec la religion. Cet endroit a été imaginé et construit par le très célèbre peintre équatorien Oswaldo Guayasamín, qui souhaitait ici rassembler toutes ses œuvres dédiées aux luttes des peuples Latino-Américains, depuis l’époque précolombienne jusqu’à celle de l’Homme Moderne. C’est donc un musée qui retrace au travers des peintures de cet artiste la souffrance et la violence qui ont marqué l’histoire de ce continent. Les peintures sont très expressives et véhiculent un message fort ; nous sortons de là touchées par ce peintre mis à maintes fois mis en vedette par l’Unesco.

Mais notre séjour à Quito est surtout rythmé par deux choses. D’abord, le départ de Victor qui rentre en France pour mieux repartir en vadrouille sur un autre continent ; ensuite l’attente désespérée de réponses aux nombreuses demandes que nous envoyons pour être équipières sur un voilier qui nous ramènerait en France.

Heureusement, Gilbert se pose en sauveur et fait cesser cette attente insoutenable. Il nous propose d’embarquer en Jamaïque pour nous ramener en France. Un dernier échange de mail avant de prendre nos billets d’avion, juste histoire de tout vérifier. Mais là… c’est le drame… nous ne nous étions pas bien compris. Et oui, Gilbert cherchait en fait des coéquipiers pour un voyage de trois mois et non juste une transat retour… Nous déclinons donc l’offre, la mort dans l’âme car nous avions déjà crié victoire une bonne dizaine de fois dans la journée et nous apprêtions même à aller au resto pour fêter ça. L’attente reprend ; jeunes filles désespérées cherchent bateau pour le France !

Notre cœur palpite à chaque nouveau mail reçu sur Incahuella, mais toujours rien… C’est finalement notre amie Apolline qui nous envoie un message pour nous transmettre une incroyable nouvelle : un de ses amis skipper est partant pour nous embarquer et nous ramener en Méditerranée ! Elle le connaît bien, de même que le bateau, puisqu’elle avait fait la transat aller en novembre dernier avec lui. Ce n’est plus qu’une question de formalités, mais ce n’est pas une mince affaire puisque Philippe, le skipper, est très difficile à joindre ! Nous finissons cependant par l’avoir au téléphone, et RDV est pris à Saint Martin, dans les Antilles françaises. Billets d’avion en poche, nous quittons définitivement l’Amérique du Sud et tournons une page de notre aventure, le cœur tout de même un peu serré.

Place gouvernementale
Les hauteurs de la ville
Les processions de Cucuruchos
Le poids de l'Eglise...
Ca pique !
Il se donne du mal pour le vendredi saint !
La religion, une affaire d'enfants ?
C Le milieu du monde C'est même pas vrai, c'est 200m à gauche !
Coordonnées 00_00...
On a changé d ...au nord comme au sud ! On a changé d'hémisphère
Quartier historique de Quito
Une torréfaction de café dans le centre-ville
Essayage de jeans chez mamie au marché !
En route pour la Capilla del Hombre
Collection impressionnante d'orchidées au jardin botanique
Il y en a pour tous les goûts
De toutes les formes...
... et de toutes les couleurs
C'est à l'image de l'Equateur !

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4 réponses à Quito ou tard

  1. Tristan dit :

    Classe la cabine d’essayage. Luciole a quand même l’air un peu blasée de se faire prendre en photo

  2. Eric dit :

    Cela ressemble vraiment à une très belle ville ; et en plus les orchidées sont magnifiques !
    en tout cas, voila un endroit ou on ne peut pas se perdre …. il suffit de tout remettre à zéro ;-)

  3. MOzart dit :

    Yo,

    C’est quoi « une mince à faire »? Pour le maillot avant l’été? ;o))

    MOz

  4. Sara dit :

    Moi, je ne vois absolument pas de quelle faute tu parles… ^^ Elles sont au top en orthographe et grammaire française…

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